CHARLES BLANCA

« Une femme sans parfum est une femme sans avenir » - Coco Chanel

   Ces molécules, si petites, si discrètes, sont pourtant si puissantes quand nous les croisons. Je marche dans la rue et je sens un parfum que je connais déjà, je me souviens . . .  En une inspiration, un évènement du passé ressurgit. Cette mémoire liquide me rappelle en un instant un visage ou une parole. Je reste fasciné devant ce monde invisible. Comment parler des odeurs, comment exprimer  en images tout ce qu’elles nous procurent? Madeleine s’est aujourd’hui imposé comme leader sur le marché du souvenir. Revivre notre passé par le biais des odeurs est une expérience à laquelle chacun devrait participer une fois dans sa vie. Je me suis rendu au cœur  du 3ème centre de Paris pour y interroger son directeur sur ses motivations et sa vision du passé. J’y ai rencontré un homme, certes âgé de cent ans, mais toujours vif d’esprit et dynamique.

« - Bonjour M. Aclanb. Tout d’abord, merci de nous ouvrir les portes de votre entreprise.
- Bonjour, tout le plaisir est pour moi. Partager une réflexion sur ce qu’a été hier, ce qu’est aujourd’hui et ce que sera demain me fait avancer chaque jour.
- Comment a commencé l’histoire de Madeleine?
- J’avais vingt-quatre ans à l’époque, je me rappelle très bien de cette période de ma vie. J’étais étudiant en parfumerie et je devais obtenir mon diplôme cette année là. Le monde des parfums, des odeurs en général et tout ce qu’elles impliquent dans le domaine de la psychologie, des émotions, de la mémoire me fascinait déjà. C’est alors que j’ai décidé de traiter ce sujet comme projet de fin d’études et de créer un scénario autour de ce thème. J’ai alors commencé mes recherches sur les odeurs, les mécanismes de la mémoire pour créer Madeleine au bout de six mois et présenter mon projet devant un jury en Juillet deux-mille-huit. À l’époque, je ne pensais pas une minute que ce projet allait devenir le projet d’une vie. Je devais travailler chez un grand parfumeur une semaine plus tard pour exercer le métier que j’avais choisi sans trop me poser de questions. Je me suis vite rendu compte que je n’étais pas fait pour rester à cette place et que j’avais besoin d’évoluer. Madeleine allait naître.
- Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet devenu réalité?
- Oui bien sûr. J’ai connu cette époque ou le lien social s’essoufflait. Tout le monde se réfugiait derrière un écran, quand les écrans existaient encore, pour se créer son petit cercle d’amis. J’avais moi-même des « amis » que je n’avais jamais vus. Cette sensation me paraissait à la fois troublante et inquiétante. Ces réseaux sociaux ont fini par remplacer les vraies rencontres. Qu’est-ce qu’une rencontre? Un regard, une attirance pour l’autre, un certain mystère, un hasard parfois. Tout ce qui rend beau la rencontre est dans le fait de vivre un évènement que l’on avait pas prévu, et ce avec une autre personne qui ne l’avait pas prévu non plus. Deux chemins se croisent, deux « je » qui deviendront peut-être un « nous ». Les relations virtuelles ne m’attiraient guère. J’ai travaillé toute ma vie dans le but de créer un lieu convivial, propice à la rencontre et où chacun peut parler de l’odeur, de son histoire personnelle.
- En effet vous évoquez souvent dans vos interviews le fait de parler de l’odeur. Est-ce là le principal but de Madeleine?
- C’est une des clés. Seuls les professionnels ont entraîné leur nez afin de sentir, créer ou imaginer les odeurs. Un œnologue, un parfumeur vous parlera volontiers d’une odeur « verte » ou « ambrée » mais pour le commun des mortels, il est beaucoup plus difficile de décrire une senteur. Par contre, il nous est plus facile de parler de ce qu’elle nous évoque, ce qu’elle représente dans notre vie, à quelle période elle nous transporte. Nous naissons tous avec le même nez et chacun est capable de s’exprimer grâce à lui et de partager une émotion. C’est donc cette idée de départ qui m’a amené jusqu’ici. La mémoire olfactive est une expérience universelle et l’une des plus personnelles aussi. Pourquoi ne serait-elle pas un prétexte à la rencontre, au partage, à la création d’une communauté de l’odeur. C’est là que se trouve la réelle motivation de mon travail, permettre de sentir, revivre, créer et enfin partager à partir d’une expérience olfactive. Cette mémoire des odeurs est sans doute l’un des mécanismes émotionnels les plus primitifs et il serait dommage que l’évolution de notre environnement de vie si aseptisé endorme encore plus ce formidable déclencheur d’émotions qu’est l’odorat. J’ai donc mis au point un scénario, une technologie, un lieu permettant cela.
- Maintenant que nos lecteurs en savent un peu plus sur le pourquoi de Madeleine, pouvez-vous nous éclairer sur le « comment »?
- Et bien rien de plus simple. Il suffit à l’utilisateur de créer son profil sur le réseau, il sera ainsi mis en contact avec la communauté Osmose. À partir de là commencera son aventure dans le passé. Les données personnelles rentrées dans le profil seront ainsi analysées par nos puissants outils informatiques afin de créer des profils odorants correspondant à un lieu, une histoire, une période décrite par l’usager. Il suffira à ce dernier de se rendre à l’Osmolab le plus proche pour « remonter dans le temps »,  sachant que nous possédons quinze centres en France. Je ne peux malheureusement pas vous en dire beaucoup plus sur cette expérience. Je vais être franc avec vous. Je propose aujourd’hui à tous de vivre une expérience unique, plus puissante et plus éprouvante que toutes celles que vous avez pu vivre jusqu’à présent. : voyager dans le temps. Le cinéma et la littérature décrivent cette expérience depuis les débuts de la science-fiction. Aujourd’hui c’est de la science tout court et mon souhait le plus cher est d’offrir à chaque nouveau membre d’Osmose un moment inoubliable. Chacun pourra créer et s’exprimer grâce à l’odeur de son enfance, d’une femme aimée, d’un lieu qui nous a vu grandir. J’invite tous vos lecteurs à se rendre dans nos halls d’exposition pour y boire un verre et pourquoi pas se laisser tenter par le voyage. La communauté s’agrandit de jour en jour et nous sommes en train de créer tous ensemble, la plus belle, la plus grande, la plus universelle des galeries d’art, celle du souvenir.
-En tout cas, merci de nous avoir accordé cette entrevue et je pense que bon nombre de nos lecteurs se laisseront tenter par ce que vous proposez. Voyager dans le temps et devenir artiste est en effet bien tentant dans un monde parfois trop réglé et prévisible. Merci M. Aclanb.
- Merci à vous. Je suis ravi d’avoir éclairer votre lanterne. Nous vivons dans ce monde que nous avons rendu prévisible et sûr. L’odeur est imprévisible et nous surprend, je ne fais que l’amener à vous pour vous offrir un peu plus d’émotions.
- Merci ».

MADELEINE

CHARLES BLANCA
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